mercredi 24 septembre 2008

Félix Tournachon Nadar




Nadar, autoportrait.

Nadar, photographe de l’âme

« Il n’y a pas de photographie artistique. Il y a en photographie comme partout, des gens qui savent voir et d’autres qui ne savent même pas regarder. »
Félix Nadar

Lorsque Félix Tournachon, dit Nadar, journaliste, écrivain et caricaturiste s’intéresse à la photographie en 1854, celle-ci n’a que 15 ans. Elle est encore artisanale : le tirage se fait en plein air, sur châssis, le négatif exposé à la lumière naturelle. il faut attendre plusieurs heures, si le temps est variable, pour obtenir un positif correctement exposé.
Il vit d’abord la photographie par procuration, par l’intermédiaire de son frère, qu’il pousse dans cette voie. La photographie comme aide à la science pour retranscrire les sentiments et expressions humains avec l’aide de la « fée Électricité ».
Puis il commence à photographier ses proches, sa famille et surtout ses amis artistes « la bohème parisienne ». Et quels amis ! Pendant cette période de 1854 à 1860. il « saisit » ainsi Courbet, Berlioz, de Nerval, Doré, Manet, Hugo, George Sand et à de nombreuses reprises sont ami Charles Baudelaire qui dit de lui dans son journal : « Nadar, c’est la plus étonnante expression de vitalité. J’ai été jaloux de lui à le voir si bien réussir dans tout ce qui n’est pas abstrait ».
Ce qui fascine Nadar et se retranscrit dans ses photographies, c’est l’exploration de la « figure humaine », sans artifice. Aucune emphase, aucune flatterie.
Il rompt ainsi les goûts de l’époque. Le portrait absolu où seules les mains comptent autant que le visage. Les yeux dévisagent l’objectif, à l’inverse de ce que préconisent les manuels d’alors. La recherche de la « ressemblance intime » 
Un style extrêmement novateur par son dépouillement qu’aucun accessoire, aucun décor ne viennent parasiter.
Le corps du modèle doit trouver ainsi son propre équilibre. La même toile de fond, de couleur unie, un fauteuil ou une chaise, éventuellement, et la Lumière. La lumière du jour, il n’y en a pas d’autre. Tels les impressionnistes, Nadar photographie la lumière : celle du jour et celle de son modèle, qui irradie.
Certains critiques de l’époque ne voient en lui qu’un « voyeur qui réduit ses illustres modèles au niveau de son esprit gamin ». D’autres comparent son traitement de la lumière et des ombres, son art de détacher les visages du fond, les infinis contrastes à celui d’un Titien ou d’un Rembrandt.
Nadar aime le noir. Parfois à l’excès. Le plus souvent cette « noirceur » est due à une sous-exposition (le tirage en plein air ne permettait pas une grande précision). Mais il assume pleinement ses erreurs et les transforme en choix. Le sujet n’est plus le modèle mais la lumière elle-même.
Ainsi pour ce portrait de Baudelaire qui a bougé (le temps de pose demandait environ 18 mn sans aucun mouvement, humainement difficile d’autant plus si l’on s’appelle Baudelaire...)


Elégance sans fioritures. Simplicité des lignes.
Victime de son succès, Nadar commence en 1860, des portraits « commerciaux ». Le tout-Paris se précipite dans son atelier. Il devient à la mode. Le début de la fin. Ses clichés s’encombrent d’accessoires, de tentures en tout genre. Il se perd.
« Mes meilleurs portraits sont ceux des gens que je connais le mieux ».
La Caisse Nationale des Monuments Historiques détient quelques 400 000 plaques de verre originales de Nadar.

Parmi les 100 portraits qu’il nous reste de lui, il est possible d’en admirer quelques uns (notamment ceux de Baudelaire) au Musée d’Orsay.

à voir et revoir l'excellent documentaire de Stan Neumann : "Nadar, photographe"
le Musée d'Orsay, la SEPT-ARTE , les Films d'ici, Réunion des Musées Nationaux, 1994, 26' 

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3 commentaires:

alexis a dit…

bonjour,
je vous propose d'ajouter un photographe actuel
nikola tamindzic
son site :
www.homeofthevain.com
si vous avez besoin d'aide pour le blog
je peux peut etre essayer de le faire avancer avec vous
ca me permettra de reviser par la meme occasion
voila bonne vacance
alexis

stan a dit…

votre texte me semble démarquer d'assez près le commentaire du film Nadar Photographe, de Stan Neumann, que vous devriez avoir au moins la politesse de citer.

'Dine Pineau a dit…

Hey ! Vous n'aurez pas quelque chose sur un de ces autoportrait, un bon résumer sur ça ? enfin voila. =)